D no Shokutaku (Dの食卓) est un des jeux qui a le mieux participé à forger l'image de la 3do. Littéralement Dinner's Table, il a d'abord été traduit en américain D's Diner.
D sur 3do est un jeu d'aventure à la première personne qui propose au joueur d'incarner Laura Harris, la fille d'un grand docteur américain. On retrouve par ailleurs cette chère Laura dans Ennemy Zero (sur saturn), des mêmes développeurs de chez Warp. L'action démarre par la présentation de Richter, son père, docteur reconnu à Los Angeles qui perd soudainement les pédales et massacre des dizaines de patients innocents à l'arme à feu. En découvrant les faits macabres aux informations, le sang de Laura ne fait qu'un tour et elle décide de rejoindre son père pour comprendre ce qu'il s'est passé. En arrivant à Los Angeles, elle se retrouve mystérieusement dans un grand château.
Les graphismes de D en grande partie précalculés, sont originaux et jouent sur le côté sombre et obscur du château.
Les vieux meubles et les pièces froides se succèdent, et c'est dans ce décor austère et terrifiant que Laura évolue à tâton pour mener son enquête.
Laura évolue dans les grands espaces du château... leeenntement, très lentement, et ouvre des portes, des tiroirs, trouve des clés, ouvre des portes avec les clés, etc.
On doit donc résoudre par intermittence des puzzles, où on ajuste des symboles selon des combinaisons (je n'en dis pas plus). Ces embûches sont parsemées d'intermèdes qui font peur, tout à fait dans l'ambiance d'un vieux film d'épouvante.
L'ambiance qui règne dans le château est donc plutôt réussie et flanque vraiment les jetons aux jeunes joueurs, pour les plus aguerris découvrir D aujourd'hui pourrait peut-être se révéler décevant. Quoi qu'on puisse en dire, c'est le point clé du jeu ! Si on accroche pas avec l'ambiance, on passe son chemin !
Les musiques sont assez flippantes, vous plongent dans une ambiance sinistre avec des notes de piano espacées, mais on retient surtout les voix digitalisées du père de Laura qui murmure son prénom lentement, de façon répétitive, dans un cresnendo terrifiant et macabre.
Par ailleurs, le son est bien exploité pour vous péter aux oreilles alors que l'ambiance s'était un peu relâchée, accentuant un peu plus le côté oppressant du jeu, les portes qui grincent vous feront vibrer jusqu'aux tréfonds de vos entrailles, et les visages crispés de Laura et son père ne vous laisseront certainement pas indifférent.
On pourra reprocher à D sa faible durée de vie, le fait qu'il ne dure forcément que moins de deux heures (à peu près deux heures), c'est d'ailleurs écrit sur la pochette du disc original et ce fut même un des arguments commerciaux lors de sa promotion (c'était présenté comme le grand défi à relever). Terminez ce jeu une fois et vous n'aurez pas forcément envie de le refaire, sauf peut-être 10 ans après, par nostalgie.
De mon point de vue, ça ne l'empêche pas de m'avoir conquis grâce à son ambiance macabre unique.
D no Shokutaku est un jeu d'aventure de légende, avec ses défauts et ses qualités. C'est un des plus vieux jeux d'épouvante ayant connu un franc succès. Au point qu'une version inédite est sortie au Japon, le Director's Cut! Cette version possédait des Artworks supplémentaires, et des discs bonus comportant des séquences non incluses dans le jeu, une vue globale des évènements et des membres de la famille de Laura, ainsi qu'un disc contenant la bande son de Kenji Eno : une très belle release assez rare aujourd'hui.