Breakers est un jeu de combat en 2D sorti par Visco en 1996, noble année s'il en est : Nicolas Cage remporte l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation dans Leaving Las Vegas, Kafelnikov remporte Roland Garros, et les vins de bordeaux connaissent une bonne année.
Mais bref, Visco, désireux semble-t-il de conquérir un marché déjà fiévreusement occupé par un certain jeu de combat que je ne citerai pas, tente par tous les moyens de se faire sa place.
L'histoire n'est jamais l'aspect le plus créatif des jeux de fight 2D. Ici, il s'agit d'un tournoi annuel baptisé le FIST (Fighting Instinct Severe Tournament), dont l'organisateur est possédé par un esprit démoniaque qui se repait de l'énergie des combattants trop téméraires pour se mesurer à lui. Personne n'est jamais sorti vivant de cette confrontation, et il s'agit là d'un combat où tous les coups sont permis, et où la violence prime...
Les graphismes de Breakers sont très arcade, c'est d'ailleurs le créneau de Visco. C'est assez kitsch, mais ce n'est pas pour déplaire, car les couleurs sont tape-à-l'oeil et ma foi le rendu final est assez sympathique. Les sprites énormes confèrent au joueur une agréable impression de gigantisme qui avait fait les heures de gloire de pléthore d'autres jeux de combat sur neogeo.
Les personnages sont au nombre de huit :
Sho, un mélange de Gui de Final Fight, Ryu de SF2, et que sais-je encore
Dao-Long, le mélange de Guile de SF2 et de Fei Long
Tia Langray, copie de Shun Li de SF2
Pielle Montario, mélange raté de Kaede de Last Blade et Galford des Samurai Shodown
Condor Heads, qui ressemble au T.Hawk des SF
Rila Estansia, la femme bestiale, la Rhane de Terra des Marvels dans un jeu de combat
Seek Maherl, le gros balourd (parce que vous savez très bien qu'il faut toujours un gros balourd, c'est comme ça, c'est pour les quotas)
Alsion III, l'égyptien (un peu façon dhalsim ?)
Baï-Hu, le vilain boss
Et là, attention. Bien que le résultat soit très efficace, avec une prise en main immédiate des coups des personnages, et une facilité déconcertante à enchaîner les coups, ou à déclencher les super attaques, Breakers fait preuve d'un consternant manque d'originalité.
Il est clair que Visco a honteusement plagié Street Fighter, et pas seulement ! On dirait parfois qu'ils ont piochés un peu partout des éléments d'autres jeux de combat pour faire le leur. L'approche est assez hasardeuse, mais heureusement le résultat donne quelque chose de correct.
Les effets graphiques déployés lors des déclenchements de super combos sont parfois agréablement surprenants, avec des changements de décors de fond au moment où on déclenche le combo, et des petits effets de lumière sympa, le tout accompagné d'un petit ralentissement (certainement pas voulu) qui nous permet de profiter un maximum de ce petit moment de bonheur...
Vraiment réussi !
Le fun est donc bien présent. Malgré le manque cruel de personnalité de Breakers, et également le manque de personnages disponibles, la recette est suffisamment bonne pour convaincre les afficionnados du jeu de baston en 2D, et passer quelques bons moments à se latter la tête à coups de saton. C'est du combat rapide, sans fioritures, bien sec et frappé !
La musique n'est pas du tout le point clé de ce jeu, à première vue. C'est assez percutant, ça ressemble même un peu, encore une fois, au style street fighter, et ça reste diablement inscrusté dans la tête, enfin surtout les musiques de transition entre les combats. Et au final, elle reste tellement dans la tête qu'on y prend goût. Les effets sonores lors des combats sont de très bonne facture, c'est vraiment du bon boulot.
Breakers ne vous tiendra pas en haleine pendant 10 ans. Il existe par ailleurs une suite, qui est la copie conforme (décidément) du premier épisode, avec juste un personnage en plus. S'il fallait en choisir un, ce serait donc plutôt le deuxième (qui n'est sorti que en MVS). De plus, le prix de la cartouche en format Home est éxagérément élevé (comptez au moins 400 dollars).
Breakers, avec ses hauts et ses bas, reste un jeu honnête même s'il a énormément de défauts.
En conclusion, voilà un bon vieux jeu de baston qui dépote !
Breakers est une alternative agréable à Street Fighter, et pose un gameplay rapide, tonique, vivifiant. Non, ce n'est pas le nouveau soda qui pétille plus plop que coca cola, c'est Breakers. Le tout beau.
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