A l'origine il s'agit d'une série de nouvelles (25 volumes, édités chez Tokuma Shoten) de l'écrivain japonais "Yoshio Aramaki", qu'il a débuté en 1990.
Le dessin animé a été produit en 1993 chez J.C. Staff (Galaxy Fraulein Yuna, etc...). Il s'agit de deux séries d'OAV. La première partie se nomme donc Deep Blue Fleet (Konpeki no Kantai) (32 épisodes) et la seconde : The Fleet of the Rising Sun (Kyokujitsu no Kantai) (15 épisodes).
Le récit débute pendant la seconde guerre mondiale (1943) et propose une réalité alternative. En gros : et si ça ne s'était pas passé comme ça ? L'histoire repose donc sur celle de l'amiral "Isoroku Yamamoto" et le fait que les alliés n'auraient pas pu envahir l'Allemagne à temps.
Il y a du beau monde derrière l'adaptation en anime. Par exemple pour le Character Design il y a "Masami Suda" (Fist of the North Star/Hokuto no Ken, Gatchaman, etc...) et pour les Mechas il y a "Takashi Yanagisawa" (Sherlock Holmes, etc...) et "Mitsuharu Kajio".
Bref, pour les amateurs de jeux tendance "digital comics" et autres jeux de stratégie ou autre au design manga, c'est du vrai bonheur.
Le jeu en lui-même est un titre misant sur la stratégie pure et dure. Il reprend donc le concept des jeux de plateaux avec leurs cartes découpés en hexagones. C'est plutôt l'apanage des micro-ordinateurs que des consoles et c'est aussi ce qui fait son charme.
D'ailleurs son coté exotique n'a pas fait mouche en dehors du Japon dû à la difficulté de la langue mais aussi à son coté austère inhérent au genre. Oui il faut bien le dire c'est très moche en apparence et bourré de menus/textes en japonais. Néanmoins l'ensemble est soutenu par le scénario, une bonne mise en scène, et un design des appareils assez soigné.
L'ambiance de Konpeki no Kantai est assez mystique, et quand on y réfléchit, c'est assez dur à avaler.
En effet, les américains sont ici représentés véritablement comme les nazis tandis que le japon est représenté glorieux, dans toute sa splendeur et sa puissance. Réminiscence des défaites de la seconde guerre mondiale, frustration, et finalement c'est toute la honte d'un peuple qui se matérialise dans un jeu (sur 3do s'il vous plaît, et sur pcfx bien sûr...).
Dans l'histoire, même Albert Einstein a rejoint le camp japonais pour aider l'empire nippon dans la course aux armements et tout particulièrement dans la conception de la bombe atomique.
Il est en tout cas intéressant de constater à quel point la situation économique d'un pays, ainsi que le contexte géopolitique d'une région, peuvent influencer la société jusqu'aux créateurs de jeux vidéos.
Il se destine à public bien averti mais celui-ci ne sera pas déçu par la prestation offerte par J.C. Staff et Micro Cabin. Il est à noter qu'il propose deux modes : histoire ou entrainement. Ce n'est pas négligeable car la gestion des stratégies est assez poussée et en fonction de vos actions le résultat sera complètement différent. Si cela peut sembler tellement évident, je tiens toutefois à bien appuyer sur ce point.
Deep Blue Fleet, pour peu qu'on comprenne le japonais, est un jeu de stratégie prenant et bien réalisé. Il tiendra le joueur en haleine pendant très longtemps.
Notons que le cd est assez bien présenté, reste relativement rare à trouver sur les sites d'enchères, mais son prix n'est jamais exhorbitant, et vaut donc définitivement la peine de s'y intéresser.
Le système de jeu mise sur un réalisme de bon aloi et suivant vos réussites et échecs la suite du scénario sera différente. On est face à ce qui se faisait de mieux il y a 12 ans, mis à part l'aspect graphique des cartes.
Le jeu de Micro Cabin est un transfuge du PC-98 de NEC et a été adapté sur 3do un mois plus tard. Il a eu le droit à une suite sur PC-98 en 1996 et en 1997 sur PC Win 95. Sauf que là ce fut édité par NEC Interchannel, devenu Interchannel - Holon depuis son rachat. C'était en juillet dernier.
NEC a arrêté complètement les jeux vidéos seulement l'année dernière et qu'ils avaient regroupé tous leurs actifs sous l'entité Interchannel qui ne leur appartient plus. Tout comme Sega plus tard, ils ont préféré arrêter le hardware et ainsi devenir un éditeur multiplateformes (la PC-FX n'étant qu'un marché niche). Parmi les noms de jeux édités sous leur égide on peut citer DE-JA sur PC Engine, Interlude (Dreamcast / Playstation 2 ) ou la série Black/Matrix (Saturn / Playstation / Dreamcast / GameBoy Advance et Playstation 2). Ils ont refais parlé d'eux en 2003 avec la sortie de Tube Slider sur GameCube et uniquement en Amérique du Nord.