Si quelqu'un demande aujourd'hui à n'importe qui ayant joué un minimum à des jeux d'arcade ces 20 dernières années, un exemple de jeu de plateformes/shooter, on entendra invariablement la réponse : Metal Slug.
Et pour cause, la série est incroyablement fun et reste donc dans toutes les mémoires.
Pourtant, en 2003, les développeurs sur support Atomiswave chez Sammy ont concocté un petit concentré de Metal Slug, Waterworld, in the hunt (Kaitei Daisensou), Contra, que sais-je encore, tout en un.
Ci-contre, un screenshot de "In the Hunt", cité plus haut, par les concepteurs de Metal Slug en 1993.
Mais place à Dolphin Blue :
Dans un futur où l'océan a repris ses droits, et règne en maître à la surface de la planète, qui s'appelle pour le coup Aquadia, la princesse Anette a été enlevée par des ennemis de l'empire et court un grand danger.
Vous vous ruez alors à la rescousse de la jeune fille qui se fait enlever presque sous vos yeux. Le joueur incarne au choix le vaillant Erio, ou la petite Anne qui s'est portée volontaire, et pour mener à bien la mission vos fidèles compagnons Maru-Chan et Blue, les deux dauphins, vous épauleront sans démériter.
Si la série des Slugs reproduit fidèlement (en règle générale) à chaque opus un style graphique très particulier, très réussi, et souvent imité, Dolphin Blue affiche un style bien à lui, mais le style est beaucoup plus fin.
Les éléments en 3D du décor s'insèrent parfaitement à l'action qui scrolle de gauche à droite, toujours en 2D.
Les effets de zoom, qu'on peut remarquer sur les screenshots, sont très bien réalisés et donnent une vraie profondeur au jeu. On remarquera avec amusement les ennemis qui valdinguent des vaisseaux en feu et sont propulsés latéralement de part et d'autre, grossissant au fur et à mesure qu'ils s'approchent de la caméra.
Les explosions sont particulièrement réussies, et c'est souvent un véritable feu d'artifice de couleurs qui pétarade joyeusement au rythme des carlingues défoncées par la gatling du héros.
On sent vraiment le hardware dreamcast derrière tout ça !
C'est évidemment un compliment, car la dreamcast a pondu pléthore de jeux excellents, mais dans Dolphin Blue on sent à la fois le style 3D qu'on retrouvait dans certains jeux dreamcast (je pense à skies of arcadia, entre autres), autant par le style des traits que par l'aspect des textures.
Le gameplay coule de source, sans mauvais jeux de mots ! Trois boutons seulement permettent d'utiliser toutes les possibilités de combat, et l'action incessante maintient le joueur en haleine. Un premier bouton sert à canarder, le second à effectuer des sauts, le troisième à utiliser la jauge de puissance qui se remplit au fur et à mesure de levels en levels, permettant d'autant plus de dégats qu'un fort level est atteint.
Le gameplay oscille entre trois modes de jeux le long de 5 niveaux :
Soit les héroes évoluent sur des pontons, ou sur la terre ferme, avec leurs compagnons aquatiques qui les accompagnent pouvant être aperçus en deuxième plan dans le décor.
Soit on chevauche les dauphins, dans un rythme un peu plus soutenu, parfois effrené.
Soit on est complètement immergé, à l'instar d'un "in the hunt" ou d'un "metal slug 3", et les dauphins vous épaulent sous l'eau en cas de coup dur.
L'ambiance est chouette et c'est avec beaucoup de plaisir qu'on découvre les différents niveaux de Dolphin Blue.
Entre les trois types de jeu différents, on est jamais perdu et le rythme est très bien soutenu.
Quelques bémols toutefois :
Malgré le côté ultra-fun, on sera parfois surpris des ralentissements qui surviennent lorsque trop d'ennemis sont à l'écran (on le sent surtout sur la fin), ce n'est évidemment pas dramatique, et ça ne gâche pas vraiment le jeu, mais c'est assez dommage, on se dit que ces hics auraient pu être surmontés par les développeurs.
Enfin, on pourra peut-être déplorer un manque de diversité de certains types de vaisseaux volants ennemis, ou par le fait qu'il n'y ait pas plus de niveaux.
Bon, il faut vraiment chercher les défauts, tant ce jeu est sympathique et apporte une touche de fraîcheur certaine, si ce n'est en arcade, en tout cas sur l'atomiswave.
Les musiques et l'ambiance sonore sont excellents, mais on pourrait déplorer l'absence de dialogues ou de voix tout au long du jeu.
Les programmeurs se rattrappent sur l'ambiance générale, sur la qualité des sons et sur les mignons petits cris des dauphins lorsqu'ils volent à votre secours lors des super attaques.
La difficulté de Dolphin Blue est particulièrement bien ajustée, si on joue avec les settings à 4 comme c'est toujours le cas par défaut dans la plupart des jeux d'arcade, il ne faut pas espérer terminer le jeu facilement.
On peut en venir à bout, mais ça ne sera que au prix de longues heures d'acharnements et d'essais consécutifs.
J'entends par là que la difficulté est grande si on utilise pas 25 crédits pour aller au bout, cela va de soit.
Dolphin Blue est un jeu qui ne révolutionne rien, mais qui a le mérite d'être génial malgré ce côté de déjà fait.
L'ambiance aquatique est une difficulté relevée avec succès, et ce titre apporte une vraie touche originale à la ludothèque, évidemment beaucoup trop restreinte, du support atomiswave.