Introduction :
The Misadventures of Flink est un jeu développé par Psygnosis, publié par Vic Tokai en mai 1994. Le jeu consiste à sauter de plateforme en plateforme en évitant les pièges, sur fond d'apprentissage de la magie dans un monde légèrement teinté d'heroic fantasy, comme disent les jeunes.
Ses créateurs, Erwin Kloibhofer et Henk Nieborg, sont également à l'origine du jeu connu : The Adventures of Lomax.
Vous êtes Flink, un apprenti magicien. Votre quotidien vient juste d'être perturbé par de mystérieuses forces maléfiques qui ont secoué votre paisible village dans la nuit (c'est la séquence d'intro).
Il s'agit d'un sorcier maléfique, Wicked Wainwright (en anglais dans le texte), qui a enlevé les 4 sages qui maintenaient jusque là la paix dans la contrée d'Imagica.
Bref, vous avez assisté impuissant à la scène et vous partez maintenant à leur recherche.
Décidément, la journée qui va suivre promet d'être longue !
Graphismes :
Il est étonnant que Flink n'ait pas marqué davantage les mémoires, car comme nous allons le voir, il est à tous points de vue impressionnant.
Le premier de ces points de vue est le rendu visuel. Graphiquement, on remarque dès le début du jeu à quel point la palette de couleurs a du être exploitée pour obtenir un résultat si homogène.
Flink donne l'impression d'un jeu très coloré, les sprites sont volumineux, bien souvent plus massifs que lui.
Les détails foisonnent sur l'écran et l'interactivité avec les éléments de décor s'avère essentielle.
A chaque début de niveau, une carte assombrie par des nuages animés représente votre progression et permet d'apprécier l'ensemble du parcours que vous aurez à effectuer. Le soin apporté à cette carte à lui seul montre le niveau de réalisation graphique qui a été atteint dans Flink.
Gameplay / Ambiance:
Le gameplay s'adapte progressivement au joueur et la prise en main est alors grandement facilitée :
Au fur et à mesure du parcours, des parchemins indiquent à Flink comment procéder pour se tirer des mauvais pas, donne des conseils pour les sorts magiques, etc.
Un système d'aide est ainsi mis en place et le joueur se fait petit à petit aux commandes de jeu.
Au début, on va au plus simple : on ne peut qu'utiliser le pavé directionnel et le bouton de saut.
Pendant le premier niveau, vous pouvez donc vous contenter uniquement d'effectuer des sauts de plateforme en plateforme. Pour éliminer les ennemis, vous devrez leur sauter sur la tête, comme ce cher mario à ses heures pleines. Un premier saut sur l'adversaire va le sonner. Ensuite, vous avez très peu de temps pour décider du sort de ce dernier. Soit vous refaîtes un saut sur sa tête et vous l'achevez, soit vous vous en saisissez avec le pad directionnel en allant une fois vers le bas en pressant simultanément le bouton d'action. Vous pourrez alors vous en servir comme d'un projectile pour éliminer un autre ennemi.
On ramasse des petites pierres brillantes à chaque ennemi éliminé.
Lorsque vous êtes touché par un ennemi, vous perdez les pierres, et (un peu comme dans sonic) si vous ne vous dépêchez pas de les récupérer elles clignoteront et disparaîtront à jamais et seront perdues. Ces pierres symbolisent votre énergie magique et tout comme dans sonic, s'il vous en reste ne serait-ce qu'une seule en stock, vous ne craignez pas une collision avec un ennemi. Par contre, si vous êtes à sec, alors la même collision vous coûtera une vie.
A tout moment, vous pouvez également concocter des potions magiques en combinant divers ingrédients/objets que vous aurez eu l'occasion de ramasser. Ces potions seront déterminantes pour vous tirer de certaines situations, ou pour défaire certains ennemis.
On a donc dès le départ un genre de gameplay hybride, entre le jeu de plateformes traditionnel, mario, sonic. On pourrait trouver d'autres similarités avec d'autres jeux.
Seulement voilà, Flink ne donne pas du tout l'impression que les développeurs se sont contentés de piquer des idées à droite à gauche pour fabriquer un jeu comme ça. Non. Flink respire la minutie et le travail soigné. On voit au premier coup d'oeil que les concepteurs du jeu ont bossé dur.
L'ambiance Heroic Fantasy à la limite du cartoon est unique et plonge efficacement le joueur dans un monde féérique.
Flink contient juste assez de rêve pour séduire les plus jeunes et juste assez de technicité pour attirer les plus aguerris des joueurs amateurs de jeux de plateforme.
Musiques / Sons :
La musique de Flink, sans être absolument mémorable, est agréable et participe à l'ambiance particulière qui se dégage de ce jeu.
Elle ne casse pas la tête, mais reste de bonne qualité et continue à tourner pendant le jeu.
Grâce au support CD-Rom, on est facilement pris par les mélodies enchanteuses qui reflètent bien la monde magique d'Imagica.
Difficulté :
Flink n'est pas un jeu facile.
Ceci explique aussi pourquoi même les plus acharnés du jeu de plateformes pourraient bien avoir du fil à retordre pour en venir à bout. Pourtant, même un gamin pourra prendre son pied en découvrant des niveaux variés et tous plus beaux les uns que les autres.
A noter que Flink avait semble-t-il été originellement développé pour l'amiga CD-32, mais que la version CD-32 est finalement moins impressionnante que la version Sega-CD. C'est un fait intéressant, et il faut également se rendre à l'évidence quant au fait que ce titre de Psygnosis met à l'amende graphiquement tous les autres jeux de plateforme de l'époque, et peut ainsi prétendre à être l'un des meilleurs jeux sur megadrive/sega-cd, avec une mention particulière pour la version Sega-CD.
Interêt / Conclusion :
Flink est un excellent jeu de plateformes malheureusement fort méconnu du public.
Psygnosis signe une nouvelle fois un jeu très complet et réalisé aux petits oignons, prouvant une nouvelle fois sa capacité à développer des jeux solides dans la durée.
