Neo Organic Bioform est un jeu développé par Sanyo sur 3do. On leur doit, entre autres, le fameux clône de bomberman, Taiketsu! Rumi-Zu.
Dans une époque futuriste, en l'an 2197, vous avez été kidnappé par une organisation criminelle qui vous a charcuté, trituré, et transformé en une arme biologique vivante, rien que ça !
Le but du jeu est donc, entre autres :
de vous venger de ces salauds, de vous échapper du laboratoire où on vous tient en captivité, et de trouver l'antidote qui vous redonnera éventuellement votre forme humaine, parce que pour le moment, c'est pas la grande forme.
Assez sombres, et saupoudrés de technologie alien, les graphismes de N.O.B sont assez réussis techniquement et Sanyo relève au moins le défi de ce côté là.
On est certes pas au sommet du genre, mais on s'approche de quelque chose d'harmonieux entre ce qu'on voit à l'écran et l'univers qui nous est proposé.
Il est vrai que les personnages, si l'on peut dire, sont assez finement réalisés, c'est graphiquement assez ... disons étonnant, car le mot joli n'est pas forcément le terme qui conviendrait le mieux.
Si le style est fin, et l'animation correcte, l'apparence des monstres est, quant à elle, vraiment horrible !
Je ne me hasarderais même pas à les décrire, on atteint vraiment des sommets en matière de monstres moches mais bien faits, pour l'époque.
On est pas très à l'aise au départ, mais le gameplay s'avère assez simple lorsqu'on s'est fait aux commandes. Il faut bien avouer que la façon de se diriger dans les niveaux n'est pas la plus souple qu'on ait connu jusqu'à présent !
L'animation est assez hâchée, comme dans beaucoup de jeux 3do exploitant la 3d, mais on se prend tout de même au jeu et on explore des niveaux aux textures travaillées.
Les transitions entre passages précalculés / temps réel se font admirablement bien et cette fluidité est appréciable.
L'atmosphère gigérienne de ces décors et de l'ensemble font de Neo Organic Bioform un de ces jeux à part, dont on se dit qu'ils auraient pu entrer dans la légende.
Mais ceci n'est pas arrivé. Oh que non.
Car N.O.B. est raté, oui, vous lisez bien. Raté.
Les décors des labyrinthes sont certes assez beau, on passe la plupart de son temps à regarder la carte. Rapidement, regarder les lieux n'a plus d'importance, tant les rotations dignes d'un vieux robot mal huilé de seconde zone font mal aux yeux.
Les temps de chargement interminables, des combats trop obscurs, trop aléatoires. Tant de détails qui laisseront finalement une impression globale de gros flop.
Effectivement. Si on prend la peine de s'acharner, d'arpenter sans fin les dédales mystérieux de N.O.B., de combattre sans relâche les monstres organiques qui nous barrent la route, alors le jeu pourra prendre un peu d'ampleur, et durer un certain temps.
Mais en toute objectivité, ça n'arrivera pas. Vous ne tomberez pas accro à ce truc, pour pas un sous.
Notons que ce jeu est uniquement sorti en import japonais et reste jouable pour quelqu'un ne comprenant pas le japonais dans la mesure où une bonne partie des menus sont en anglais et que ce jeu n'est pas aussi fin qu'il le laisse paraître quand on regarde les screenshots.
Les phases de dialogues, très nombreuses quant à elles, sont effectivement toujours en japonais.
L'ironie, c'est que N.O.B. est très difficile à trouver aujourd'hui, et n'importe quelle enchère risque de vous mener dans des budgets où il deviendrait totalement indécent de dépenser autant après avoir lu, par exemple, ces quelques lignes.
Il fera donc l'affaire des collectionneurs acharnés, grand bien leur fasse...