Prohibition est un jeu produit par Infogrames en 1987.
On y incarne un mercenaire payé par la police, chargé de littéralement nettoyer la ville de sa vermine.
Il faudra être constamment vigileant pour ne pas passer à la casserole.
La ville est infestée de gangsters en tous genres. La police vous a donc recruté pour faire les sales besognes.
Armé de votre revolver, vous devrez éliminer tous les vilains qui apparaîtront au fur et à mesure de votre progression.
Les graphismes sont fins et détaillés, il s'agit d'une vraie prouesse graphique pour arriver à ce niveau de rendu sur un amstrad.
Les couleurs sont certes monotones toujours rouges sombres et immeubles gris.
Il faut vraiment avoir l'oeil, car les ennemis sont fondus dans le décor mais ne laissent aucun répis. Sitôt apparus, ils ne vous rateront pas si vous ne les allumez pas suffisamment rapidement.
Prohibition est un peu le précurseur du rail shooting, genre bien illustré par des titres bien plus récents (il y a des centaines et des centaines d'autres exemples) tels que Starblade, ou autres Burning Soldier, et est largement inspiré d'un jeu d'arcade de Taito intitulé Empire City 1931.
En tant que Rail Shooter, le jeu doit assurer au niveau graphique, car dans ce genre de jeux ils comptent tout particulièrement.
Finalement, avec Prohibition, on a un mélange des genres entre les rails shooters cités précédemment et des jeux tels que Nam-1975 sur Neogeo.
Il faut dire bien entendu qu'à l'époque, on était pas tellement regardant sur le plan visuel, mais on savait tout de même admirer des dessins réussis sur les écrans d'amstrad. Prohibition s'en sort admirablement bien sur ce plan.
Les graphismes sont l'oeuvre de Josiane Girard.
Le jeu se joue en vue à la première personne, on contrôle un viseur sur l'écran, très classiquement, tandis que les décors "glissent" et se décalent vers une nouvelle scène si vous arrivez à supprimer tous les gangsters à l'écran.
C'est du costaud, il faut constamment être aux aguets, réagir vite, et de plus en plus vite, car ils augmentent en nombre et en rapidité au fur et à mesure de la progression.
A chaque phase décisive, un timer est enclenché et une flèche indique au joueur sur l'écran la direction dans laquelle se situe le prochain ennemi à abbatre. Il faut alors rapidement diriger le curseur dans la direction et shooter le vieux loup. A un certain niveau, la moindre balle logée à côté d'une cible vous sera fatale.
Le seul moyen de protection contre les balles ennemies, c'est l'esquive. Appuyez sur la touche d'esquive, vous esquivez les balles...
Mais vous ne pouvez pas esquiver indéfiniment !
C'est con ça hein momo ? Chaque contrat rempli rapporte des dollars, et vous fait passer au niveau supérieur, où se trouvent d'autres tireurs encore plus rapides.
La programmation, le scénario, sont de :
Eric Mottet, Pascal Burel, Yves Lamoureux, William Hennebois, Richard Bottet, Najib El Maadani.
Prohibition est un jeu culte pour toute la communauté (je ne pense pas me tromper sur ce point) de l'amstrad.
L'ambiance est extrêmement prenante et on aura de cesse d'y revenir jusqu'à ce qu'on arrive au bout.
Les effets sonores ne sont pas vraiment en reste et scotche bien le cerveau.
D'abord la musique, dont le thème principal semble légèrement inspiré d'une musique ressemblant aux blues brothers dans les premières notes. Ensuite, ça devient plus oppressant, mais c'est bien fichu.
Dans la mélodie, on entend des sirènes de police qui passent et s'éloignent, poussant un peu mieux le joueur dans une ambiance réaliste.
Cette excellente musique est signée Charles Callet.
Prohibition est un jeu difficile, même très difficile. Heureusement, l'addiction l'emporte aisément sur la difficulté. Celle ci pourra tenir en haleine certains joueurs des semaines entières à l'époque avant d'être finalement vaincue et donner la place aux glorieux écrans de fin tant désirés par le vaillant combattant qui a daigné aller jusqu'au bout de l'aventure...
Prohibition est indéniablement un jeu culte pour tous les connaisseurs de l'amstrad.
Il exploite parfaitement le genre, et devient par la suite un vrai modèle pour les jeux de shoot.
Excellent.