Vous l'aviez oublié ? C'est compréhensible. Le premier opus de la petite saga des Sengoku date de 1991. Il avait fallu deux ans aux inventeurs de la série pour sortir une suite (au demeurant réussie). Mais 8 longues années séparent le second volet du troisième. On peut dire qu'à travers les trois épisodes de Sengoku, on a un bon aperçu de l'évolution des jeux sur votre console préférée. De plus, si Sengoku Densyo était un jeu correct, Sengoku II était bien amélioré et bien plus fun, et Sengoku III est une merveille dans son genre : le Beat-Them-All.
La scène se déroule à notre époque. Comme dans beaucoup d'autres jeux, il fallait absolument aux scénaristes une prophétie maléfique qu'aucun être normalement constitué ne pourrait déjouer, etc etc. Une seule solution : engager des pros, des vrais, avec des bras aussi gros que leurs armes pour aller secouer un peu les plumes des vilains zombies qui ont envahi la surface de la Terre. La prophétie mentionne également une petite bande de ninjas de la paix, une petite équipe d'anciens combattants toujours prêts à relever ce genre de défis idiots. Tout porte à croire qu'ils sont les personnages que vous aurez à disposition à l'écran de selection du jeu : il y a le ninja ténébreux Kagetsura, la ninja énervée Kurenai, le beau blond d'Espagne chevalier Falcon (ça sent un peu le last blade là, d'un coup), et le gros moine bourrinos Kongoh. (car il y a toujours un bourrin) Cette petite équipe n'est pas à proprement parler l'équipe type de superhéros : pour tout dire, ils étaient cryogénisés dans une boîte, compressés comme des sardines, attendant en rêvassant le moment où le monde aurait besoin d'eux. (Tout ceci est très bien rendu dans l'intro) Espérons que le réveil ne sera pas trop difficile... Les valeureux ninjas de la paix auront donc à se fritter joyeusement dans diverses parties du monde pour stopper la réincarnation de l'immonde et maléfique démon atemporel qui veut détruire-le-monde-et-que-c'est-pas-bien.
Sengoku 3 jouit d'une bonne panoplie de personnages, détail qui frappe car c'est assez inhabituel pour un beat-them-all.
Par ailleurs, ils sont tous sympathiques à jouer et offrent chacun différentes possibilités de gameplay.
Graphiquement, le jeu est bon, mais pas tout à fait à la hauteur de son prix. En fait, les avis sont très mitigés, et selon moi il est excellent globalement.
Le réel point fort, graphiquement, ce sont les personnages, très travaillés, on sent qu'il y a eu du boulot. Les décors sont nettement moins intéressants, mais globalement, c'est satisfaisant. D'aucun diraient qu'il s'agit là du plus beau jeu de la neogeo, d'un point de vue graphique.
D'autres hurleraient à l'hérésie, et convoqueraient le saint concile pour décider de l'heure à laquelle on vous brûle.
Pourrait-on dire pour critiquer un peu, que les ennemis ne sont pas très variés ? Sans aucun doute. D'un point de vue personnel, il s'agit là du gros défaut de ce jeu.
Sengoku III est un hack-and-slash, mais pas n'importe lequel : ici, vous avez une petite jauge qui se remplit au fur et à mesure que vous éliminerez des ennemis. Une fois la jauge remplie, vous pouvez effectuer une furie dévastatrice qui réduira les plus récalcitrants à néant.
De plus, on découvre avec bonheur la possibilité de faire des enchainements divers et variés pour péter la tronche des zombies. Bien entendu, plus les combos que vous administrerez seront longs, plus la jauge de furie augmentera rapidement.
Les bruitages sont corrects quand il s’agit des persos que l‘on contrôle, malgré une faible qualité sonore évidente. Les cris et les coups de lames sont néanmoins bons, et vous pouvez même entendre le son de votre épée quand elle est rengainé. Mais pour ce qui est des bruitages du camp adverse, ben là c’est vraiment pauvre. Sûrement un ou deux cris par ennemis, et cette impression qu’ils sont muets pour certains.
Sengoku III est un inédit de la console. Il se démarque sans problème de tous les autres jeux. Je le trouve très "arcade", et bien beau. Cependant il n'est pas indispensable comme certains autres titres cultes qui ont marqué leur génération. Certains vont terminer ce jeu une fois et ne s'en soucieront plus jamais (bien qu'on soit loin d'en épuiser toutes les possibilités en le terminant une fois). D'autres persisteront, et apprécieront Sengoku III à sa juste valeur. Le réel interêt de ce jeu est dans le mode deux joueurs. A deux, ça prend tout de suite beaucoup plus d'ampleur, et on s'amuse vraiment. Il faut bien avouer que tout seul, au bout d'un moment on peut s'emmerder un peu. Ce titre reprend néanmoins tous les éléments qui caractérisent un bon beat-them-all pour produire dans une alchimie improbable un jeu dont le fun est indiscutable, dont le genre commence à se faire rare. Cependant, on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus abouti par rapport au fait qu'il s'agisse d'un jeu de 2001. Il est vrai que si les graphismes sont excellents, le peu de diversité des ennemis, et le faible nombre de stages différents (6 niveaux), me font dire que Sengoku III n'est pas le titre d'anthologie qu'il aurait pu être sans trop d'encombres.