Derrière ce titre qui pourrait rendre fébrile un bûcheron canadien : Hirata Shiyougo Interactive Shirayukihime, se cache un des contes les plus connus sur Terre : Blanche Neige.
Et si on tient compte de tout ce qu'on a vu passer comme contes pour enfants sur la 3do, ainsi que de discs éducationnels divers et variés, alors on arrive à l'épuisement quand on tombe finalement sur ce CD qui revisite cette histoire à la sauce « interactive ».
L'histoire de Blanche Neige est un conte connu, pour les enfants, dont l'interprétation la plus courue est malheureusement (ou heureusement à vous de voir) celle de Walt Disney.
Cependant, la portée de ce conte, presque devenu un mythe, dépasse de loin le cadre étriqué du bête dessin animé pour enfants.
Avec Ants and Grasshoppers (Aesop Monogatari Vol.1) et Shirayukihime sont les deux premières releases d'Elcom, quatre autre suivront :
Ningyo Hime (la petite sirène) : le 02/12/1994,
Sanbiki no Kobuta (les trois petits cochons) : le 02/12/1994 également,
et enfin Cinderella (Cendrillon) et Ōkami to Shichihiki no Koyagi (Le Loup et les sept Chevreaux).
Le niveau graphique n'a rien de différent des autres productions similaires d'Elcom de l'époque, et l'habillage des menus est d'ailleurs strictement identique.
Cette chère Blanche Neige y apparaît dans un style très enfantin, bien plus encore que dans le Walt Disney.
Il n'y a rien de particulier à signaler en terme de gameplay, c'est, comme on le connaît si on a déjà tâté les discs Elcom, le déroulement d'un conte en images, ni plus ni moins.
La version du conte la plus célèbre correspond à l'histoire des frères Grimm, elle date de 1812 mais les origines du conte remonteraient à une date antérieure.
Il s'agit d'une jeune fille, en rivalité avec la reine d'un royaume, qui est en fait sa belle mère. La Reine est obsédée par sa beauté et son miroir magique lui confirme pendant des années durant qu'elle est bien la plus belle du royaume. Sauf que la beauté de Blanche Neige finit par surpasser celle de la Reine, qui, prise par la jalousie, décide de tuer la jeune fille en lui tendant trois pièges.
Le premier de ces pièges consiste à demander à un chasseur de l'emmener dans la forêt et de la tuer, mais celui-ci ne peut s'y résoudre et se contente de l'abandonner. Blanche Neige rencontre alors les sept nains, tandis que la Reine finit par découvrir que son plan a échoué, et le troisième piège, qui va plus ou moins réussir, consiste à faire croquer la belle dans une pomme empoisonnée, qui la fera sombrer dans une léthargie proche de la mort.
Tout le monde connaît le dénouement, et dans le cas contraire on pourra le découvrir à travers le CD.
Les musiques et dialogues sont assez anecdotiques pour ce disc, il n'y a pas grand chose de particulier.
Le temps de se goinfrer ce CD, puis on le remettra gentiment dans son placard, disons que la durée de vie de ce Hirata Shiyōgo Interactive Ehon Shirayuki Hime se compte en minutes :)
Ce qui est intéressant avec ces contes, et avec celui de Blanche Neige en particulier, ce sont les diverses interprétations qui peuvent en être faîtes.
Il y a la thèse morale, qui pointe la futilité des choses matérielles telles que la beauté, ainsi que l'aspect ephémère des choses.
Il y a la thèse du conte printannier, qui met l'accent sur la bataille entre le monde du froid, l'hiver, et le monde vivant du printemps, où les choses vivantes renaissent.
Il y a la thèse du rite initiatique féminin, qui se précise pour Blanche Neige au fil de l'histoire, avec les premières menstruations et le sang sur la neige, la condition féminine retro avec les tâches ménagères et l'éducation des nains asexués, etc.
Il y a la thèse du complexe d'oedipe expliquée par Bettelheim, qui s'en rapproche, avec la rivalité mère/fille ou belle mère/fille.
Enfin, il y a une thèse anti-féministe, bien détaillée dans Wikipedia, où la jeune femme est carrément réduite à l'état de ménagère, en particulier lors de son séjour chez les nains, et avec l'intervention du prince qui tombe amoureux d'une beauté inanimée, réduisant littéralement la jeune fille à l'état d'image, etc.
Merci à la 3do pour ces grands moments de philosophie, merci Blanche Neige.